(Captures) “Sugar Daddy” ou “Sugar Prostitution” ?

Depuis plusieurs semaines, une rude bataille est menée entre les femmes et les jeunes hommes sur les réseaux sociaux. Au centre des conversations: les «Sugar Daddies».

Actuellement, la gent féminine se plaît à assumer le statut de «Sugar Baby» au détriment des relations amoureuses avec des hommes de leur âge. La raison est toute simple : elles jugent que les «Sugar Daddies» offrent plus de confort financier que les jeunes hommes.

«Sugar Daddy», c’est quoi ?

Le terme «Sugar Daddy» ou «papa gâteau» est un anglicisme argotique utilisé pour désigner une relation dans laquelle un homme offre de l’argent ou des biens à une femme bien plus jeune que lui. Celle-ci est parfois désignée par l’expression «Sugar Baby», en échange de services en nature, des relations sexuelles, notamment. L’exemple typique est le couple entre l’actrice Regina Daniels et le milliardaire Ned Nwoko : 40 ans de différence d’âge entre eux.

Ces relations peuvent aussi fonctionner avec une femme plus âgée payant un jeune homme : on parle alors de «Sugar Mommy» et de «Sugar Boy» ou gigolo.

«Sugar Baby» et fière !

Quant à la «Sugar Baby», elle est généralement définie comme une jeune femme séduisante et ambitieuse. Elle recherche un confort de vie et apprécie les voyages et cadeaux en tout genre. Ce, en échange de sa compagnie, voire plus.

Sur les réseaux sociaux, les femmes assument ce statut de «Sugar Baby». Nafissatou Fall (nom d’emprunt) contactée via Facebook, en donne quelques raisons.

Sexe, cadeaux et beauté

«Je suis jeune, je suis belle. A quoi me sert ma beauté, si je ne peux en tirer profit ?», lance-t-elle tout de go. Elle ajoute : «J’ai un jeune copain que j’aime énormément, mais il n’a pas assez d’argent pour subvenir à mes besoins. Mon vieux m’aide à payer mon loyer, faire des courses ou avoir un téléphone dernier cri.»

A la question de savoir si elle avait des sentiments pour son «vieux», la réponse est sans détour : «Non, c’est juste pour l’argent.» Mais elle avoue qu’ils entretiennent des relations sexuelles, bien vrai que Nafi «ne considère pas cela comme de la prostitution. C’est juste un échange de procédés».

Aïda Sall, elle aussi très active sur les réseaux sociaux, juge que «sortir avec un ‘’Sugar Daddy’’ est apaisant». «Ils ne te stressent pas comme les jeunes, donnent énormément d’argent, ils ont pitié de nous. Et attention ! Ils peuvent nous épouser», lâche-t-elle.

Qu’en pensent les jeunes hommes ?

«N’oubliez pas que vos jeunes copains d’aujourd’hui seront les ‘’Sugar Daddies’’ de vos filles dans le futur». Une phrase largement partagée par les jeunes hommes qui se sentent frustrés, car trop comparés aux «papas gâteau».

L’acteur Ngorba Niang a d’ailleurs fait une publication sur sa page Facebook. «Elles sont fières de dire qu’elles ont des ‘’Sugar Daddies’’. Elles sont fières d’accepter le statut de maîtresse d’un homme marié», a-t-il écrit.

La bataille est visiblement rude sur les réseaux sociaux.

Quoi qu’il en soit, dans de nombreux pays, de nombreux sites de rencontre sont dédiés aux «Sugar Daddies» et «Sugar Babies». Ce phénomène est appelé «Sugar Dating» ou «Sugar Prostitution».

En 2017, en Belgique, le gérant d’un de ces sites Internet a été condamné à six mois de prison avec sursis, pour incitation à la prostitution. En France, l’enquête pour «proxénétisme aggravé», qui avait été ouverte fin octobre 2017 par le parquet de Paris contre le même site, est toujours en cours.