« Je suis meurtri.. » : Les regrets de Ousmane Sonko (Photo)

PARLONS D’ABORD DES CAUSES (Par Ousmane Sonko)

 » alt= » » aria-hidden= »true » />Peut être une image de une personne ou plus, personnes qui marchent, personnes debout et route

Je suis meurtri par les multiples violences que subissent nos jeunes sœurs et frères étudiants.

– la première violence ce sont les conditions d’études et d’existence inhumaines dans les amphithéâtres et les campus, tellement bondés qu’il faut faire des coudes pour assister aux cours, pour se loger (jusqu’à 10 étudiants par chambre), ou suivre une longue queue pour se restaurer ;

– la deuxième violence c’est le retard apporté au paiement de leurs bourses d’études, pourtant vitale pour l’écrasante majorité d’entre eux, souvent issus de milieux assez modestes ;

– la troisième violence c’est la brimade disproportionnée à chaque fois qu’il veulent manifester contre ces traitements déshonorants infligés par leurs propres gouvernants, avec son lot de blessés, d’arrestations et, quelques fois, de morts d’étudiants jamais élucidés ;

Mais les quatrième et cinquième violences sont les plus insidieuses puisque d’ordre psychologique :

– l’étudiant sénégalais est moralement torturé par l’absence d’horizon, toujours tenaillé par le doute, voire le scepticisme d’un présent difficile et d’un lendemain sans perspective aucune de trouver un travail ;

– l’étudiant sénégalais est toujours sous le choc causé par le regard et l’image que projette de lui le seul responsable de sa condition, c’est à dire les pouvoirs publics. Les étudiants s’entendent toujours traiter de voyous, de délinquants, de jeunes ratés et maintenant, de terroristes par le gouvernement et ses démembrements.

Pourtant eux, Président de la République, ministres, DG et autres, tous produits de nos universités du temps de leur lustre, leurs enfants déroulent tranquillement leurs études