Le charretier a planté 13 coups de couteau au forgeron en voulant sauver la vie de son cheval

Malick Seck, 28 ans, charretier de son état, risque de passer le restant de ses jours en prison. Il voulait sauver la vie de son cheval mais il a fini par commettre l’irréparable, en tuant le forgeron Ibrahima Thiam.

L’artisan avait procédé au ferrage des sabots de son animal. Et, les services ont occasionné une infection sur l’un des pieds de l’animal. Pour le soigner, Malick exige à Ibrahima les frais liés au traitement. Ce que ce dernier a refusé. Une bagarre a éclaté et le charretier a battu à mort le forgeron en le poignardant de 13 coups de couteau. Malick Seck a été jugé hier mercredi par la Chambre criminelle de Dakar. Si la demande du procureur de la République est suivie, l’accusé sera condamné à la reclusion criminelle à perpétuité. Cette histoire a eu lieu le 16 juillet 2017 dans le quartier dakarois de Golf-Sud à Guédiawaye. Ce jour-là, le charretier Malick Seck a soldé ses comptes avec le forgeron Ibrahima Thiam. Il lui a confié le ferrage de son cheval. Et l’homme de l’art lui avait réclamé 500 Fcfa par sabots. Le jeune charretier lui a payé 2000 Fcfa pour ferrer les quatre pattes de son cheval. Seulement, après la ferrure, l’animal a eu des problèmes causés par une anomalie sur l’une de ses pattes. Il a été acheminé chez le vétérinaire. Et une consultation faite sur l’animal a révélé que les blessures sont dues à un défaut de l’un des ferrages. Ainsi, le vétérinaire lui prescrit des médicaments à hauteur de 30000 Fcfa. N’ayant pas cette somme pour se procurer les médicaments, le charretier est allé se plaindre auprès du maréchal-ferrant. Malick reproche à Ibrahima d’avoir blessé son cheval alors et lui exige de prendre en charge les frais pour soigner la bête. Le forgeron lui fait la promesse de payer l’ordonnance. Un engagement qu’il n’a pas respecté. Aprés plusieurs sommations sans effet, Malick décide de se lancer à ses trousses. Cependant, il l’appelle et l’artisan laisse son téléphone sonné dans le vide.

C’est ainsi que Malick l’a joint avec le numéro d’un de ses amis. Il s’est fait passer pour un client qui veut ferrer son cheval avant de lui donner rendez-vous à la pharmacie de Golf-Sud. Arrivé sur les lieux, Ibrahima tombe sur Malick qui lui montre l’ordonnance. Ensemble, ils sont partis au domicile du vétérinaire. Malheureusement, ils ne trouvent pas celui-ci dans son cabinet. Puis, Malick demande à Ibrahima de lui remettre les frais de l’ordonnance. Mais, Ibrahima dit qu’il ne dispose pas de l’argent par devers lui. Il s’en est suivi des échanges de propos aigre-doux. Ibrahima a empoigné le charretier au collet, ce qui a déclenché une bagarre. Il y a eu des échanges de coups de poing. Et, Malick brandit son couteau qu’il avait dissimulé sous ses habits. Il en plante 13 coups à son antagoniste. Ibrahima se vide de son sang et meurt sur le champ. Son bourreau a pris la fuite, se rendant à la plage. Alerté, les éléments du commissariat de Golf-Sud arrivent sur les lieux, trouvant le corps sans vie de Ibrahima Thiam. Les policiers ont informé les sapeur-pompiers qui ont acheminé le corps de la victime à l’hôpital le Dantec de Dakar. Le commissaire contacte le meurtrier, lui demandant de venir au commissariat. Le jeune Malick Seck s’est ainsi livré à la police. Il a avoué son acte.

Placé sous mandat de dépôt le 26 juillet 2017, Malick a été jugé hier mercredi à la Chambre criminelle de Dakar. L’accusé qui a reconnu le crime d’assassinat, regrette amèrement son acte. Il a sollicité la clémence de la chambre, disant qu’il a agi sous l’emprise de la colère. La famille de la victime a réclamé la somme de 10 millions de Fcfa pour la réparation de préjudice. Le procureur de la République a requis la réclusion criminelle à perpétuité. Me Sayba Danfakha de la défense a demandé à la chambre de disqualifier le crime d’assassinat initialement retenu en coups mortels. L’avocat a sollicité une application bienveillante de la loi pénale. Délibéré au 20 janvier prochain.