Pourquoi nos élites adorent le « Dibi » de gazelles Oryx ?

Il fallait qu’un transfert « en catimini » tourne mal, pour qu’on se rende à l’évidence: nos élites s’érigent en parangons de vertu le jour pour se muer en thésauriseurs impavides la nuit. Jeter leur ombre ténébreuse et dense sur de vastes terres n’étanche pas leur soif, de sang! Elles se tournent alors vers le « braconnage d’élite », à toutes fins.

Si ces sommités nourrissent un appétit vorace de « Dibi » de Gazelle Oryx, ce n’est point pour la beauté sans pareil de ce bovidé de plus de 200 kg en moyenne, aux longues cornes effilées et surtout -« kako moss moko xame« – à la chair exquise. Leur soudaine concupiscence à l’égard de ces bêtes découle vraisemblablement d’une folie cupide.

Vous l’aurez deviné, il s’agit simplement d’une histoire de gros sous. Si la valeur d’une de ces bêtes est officiellement estimée entre 50 et 75 millions FCFA, ce prix est quintuplé dans le marché noir. En effet, selon Walf Quotidien, dans un pays du Moyen-Orient bien connu, une gazelle oryx peut coûter jusqu’à 327 millions FCFA. N’est-il pas envisageable que les acquérants puisse un jour les revendre dans le Golfe où certains richissimes hommes d’affaires aiment la compagnie de ces animaux ?

L’Oryx Gazelle, chassé à outrance, n’a survécu à l’extinction que grâce aux réserves protégées. Introduit au Sénégal vers les années 2000, sa population est estimée aujourd’hui à plus ou moins 500 individus à travers les réserves naturelles du pays. Leur commercialisation ou celle de leurs cornes, leur peau et autres est interdite de vente ou de circulation. Prohibition qui rentre dans le cadre de la convention de Washington qui oblige les Etats à protéger ces espèces.

Le « capitalisme » désaxé et frénétique de nos dirigeants présente moultes similitudes avec celui d’un caïd de renommée internationale: je cite Pablo Escobar. L’un des plus « grands » narcotrafiquants au monde possédait dans son ranch privé « un zoo complet qui comprenait toutes sortes d’animaux des différents continents tels que des girafes, des autruches, des éléphants, des chameaux, des hippopotames, des poneys, des antilopes rares et des oiseaux exotiques ». Pablo était salement riche, à tel point que ses billets étaient devenus le casse-croûte préféré des rats. Il n’en devenait pas moins cupide.